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Costa Rica, pionnier de l’écotourisme

Costa Rica : Pura Vida !*

Ce pays d’Amérique Centrale, coincé entre le Nicaragua et le Panama, se distingue de ces pays voisins par son système de développement, donnant ainsi la priorité aux secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection de l’environnement.

 

Pas d’armée mais des touristes

Lorsque j’entends parler du Costa Rica, plusieurs mots me reviennent à l’oreille :
Il y a souvent la notion de “temps”, le temps passerait lentement… Ou peut-être les Costaricains prennent-ils tout simplement le temps ?
Avec le temps, il y a la “paresse”… hummm, là, j’ai tout de suite un hamac en tête.
290px-Cs-map-ENEt on me parle de nature, de forêts, d’une population rurale avec peu de moyens mais heureuse.
Avec tout çà, je me dis que les Costariciens doivent sûrement ressembler aux Laotiens !! Car on compare souvent les Laotiens (habitants du Laos) avec leurs voisins en disant : “Les Cambodgiens plantent le riz, les Vietnamiens le cultivent et les Laotiens l’écoutent pousser”.

Autant vous dire que ce pays de 51 100 km² de pays, découvert par Christophe Colomb et colonisé par les Espagnols, ne possède pas d’armée depuis 1948, peu d’histoire culturelle et pas de ressources naturelles (comme le pétrole) qui puissent intéresser les pays développés. Pero (ndrl, traduction en espagnol –mais-), le Costa Rica possède une ressource inestimable qu’il essaie de protéger tant bien que mal, il s’agit de sa nature et sa biodiversité.

Cependant je note que, le Costa Rica exporte et essaie d’exploiter ses ressources à travers trois domaines :
– l’Agriculture : banane, café (le produit de haute qualité est essentiellement exporté vers les États-Unis donc je suppose qu’en France nous ne devons avoir que le jus de chaussette), sucre, cacao et ananas.
– la Technologie de pointe : en 2014, le pays est le premier exportateur d’Amérique latine dans le secteur des industries de technologie de pointe à destination des Etats-Unis. Intel, Hewlett-Packard, Sony, GlaxoSmithKline, IBM, Oracle, Walmart et autres, y produisent leurs matériaux et leurs produits de micro technologie.
– et le Tourisme : avec 2 millions de visiteurs par an, à 39% en provenance des États-Unis, 7% du Canada et 16% en provenance des pays de l’Union Européenne.

Le braconnage, devenu sport national

Sous l’impulsion de son président Oscar Arias, le Costa Rica est devenu le pionnier de l’écotourisme et attire les étrangers, amoureux de la nature, souhaitant visiter les parcs nationaux ainsi que les zones protégées. Cependant, le pays possède 21% de la population locale vivant sous le seuil de pauvreté.

Certaines espèces animales sont convoitées à la commercialisation par des pays d’Asie. Cette dure loi de l’offre et de la demande incite la population locale à participer au braconnage. Nous connaissons les Japonais et leur culture culinaire pour le poisson, ceux-ci sont particulièrement friands Red_eyed_tree_frog_edit2du dauphin, de la baleine ou encore du thon rouge. Les Chinois dégustent, quant à eux, l’aileron de requins et les oeufs de tortues. Effectivement, l’aileron de requin faisant partie des ingrédients phares de la soupe Pékinoise traditionnelle.

 

Bien entendu, ce ne sont pas les seuls biens de la nature dévastés par l’être humain. La pulvérisation de pesticides sur les plantations de bananiers et de caféiers tue chaque année des centaines de milliers d’oiseaux. Il faut savoir que le Costa Rica possède une flore et une faune exceptionnelles, puisque 6 % de la biodiversité mondiale s’y trouve. 1,3 % de la faune est endémique du pays : dont les colibris !!!

Quant aux tortues de mer, elles sont prisées pour leurs oeufs, leurs carapaces et éventuellement leur chair… dans le but de satisfaire la culture culinaire de pays asiatiques mais également pour les touristes en manque de folklore et d’exotisme.

Ainsi, tortues et requins sont devenus des espèces menacées au Costa Rica.

Des solutions alternatives pour préserver les espèces naturelles

Selon Wikipédia, “le Costa Rica se classe parmi les 14 nations à avoir placé plus de 23 % de leur territoire sous protection (25,6 %Poas_crater-2 de parc nationaux ou réserves écologiques). Ce pays a presque réussi à stopper la déforestation (75 % du territoire était recouvert de forêt en 1950, 25 % de nos jours) bien qu’il existe encore parfois des actions de déforestation illégales sévissant de manière épisodique au cours de l’année, qui ont lieu au sein même de réserves naturelles protégées”.

Pour ce qui est de la protection des espèces vulnérables comme le requin ou la tortue de mer, il existe des associations et ONG sur place qui essaient de préserver leur reproduction. Parmi elles, vous avez déjà dû entendre parler de “Sea Shepherd Conservation Society”, qui possède une flotte (pirate) dédiée à la protection des océans. Dans cet article, j’ai envie de vous parler d’une association plus particulière : La Tortuga Feliz. Elle dédie son activité à la protection de l’espèce de tortues de mer, la tortue Luth, et agit surtout de manière intelligente en intégrant la population locale à son combat.

Luth, la nageuse qui espère voir son espèce survivre

Imaginez une magnifique plongeuse pouvant aller à 1300 m de profondeur, capable de voyager plusieurs milliers de kilomètres pour traverser les eaux transocéaniques. Habillée d’un maillot de bain strié de couleur bleu foncé, en forme d’oeuf inversé, elle reste agile sous l’eau, malgré sa taille et son poids pouvant aller jusqu’à 2 m de long et une moyenne de 450 kg. Poussée par sa nature, elle quitte les eaux froides pour revenir pondre ses oeufs exactement où elle est née.

Sortie de l’eau, cette imposante dame rampe avec difficulté jusqu’en haut de la plage pour atteindre son lieu de ponte. Non pas qu’elle veuille prendre le TGV mais la dure loi de l’apesanteur ne lui permet pas d’aller plus vite. Mettez-vous à sa place, vous rampez en portant avec difficulté 450 kg sur le dos, 10 minutes vous paraisse une éternité ! Pour cela, elle préfère se déplacer la nuit, profitant des températures plus fraîches, dans le but de mettre au monde une centaine d’oeufs en espérant qu’ils survivront le lendemain.

la-tortuga-feliz261La nature étant bien faite, elle protège la ponte des prédateurs naturels (oiseaux, lézards et autres reptiles) d’une manière particulière :
– elle déblaie le sable pendant 15 mn,
– elle creuse un trou de 80 cm à 1 m de profondeur pendant 25 mn,
– elle pond ses oeufs dans l’emplacement dédié (20 mn),
– elle rebouche avec ses pattes arrières (10 mn),
– elle camoufle son passage en pivotant le sable (20 mn).
Je vous laisse faire le calcul.

Petite astuce de la tortue (pas folle la Luth!), elle pond des oeufs factices une première fois pour tromper les prédateurs puis revient quelques jours plus tard pour pondre les vrais oeufs.

Ensuite, la nature fait le boulot. Les petites tortues pointent leur nez dans ce nouveau monde. De toutes petites choses essaient désespérément d’atteindre l’eau et survivre jusque là. Le petit mettra 3 fois plus de temps que sa mère pour faire le chemin inverse et atteindre l’océan qui l’attend.

Association La Tortuga Feliz

Comme nous l’avons vu plus haut, la tortue Luth est menacée par d’autres espèces prédatrices mais il s’agit là du cycle naturel de la biodiversité. A contrario, elle est aussi menacée par les braconniers (parfois armés) qui pêchent en mer et pillent les nids.

la-tortuga-feliz091Créée par des volontaires pour des volontaires, l’association locale offre un programme de la protection de la reproduction de l’espèce pendant leur séjour. Elle propose, pour une somme allant de 25$ à 40$ par nuit, d’être logé et nourri à leur campement située à 4h de la capitale San José. (le “all inclusive” en bord de mer!! hé oui!).

Hormis apprendre l’espagnol, jouer au beach volley (ou au football) et rencontrer des étrangers, que fait un volontaire ? me direz-vous.
Hé bien, vous patrouillez en équipe avec des locaux sur la plage à la nuit tombée, vous récupérez les oeufs et les tortues mal en point pour les mettre en lieu sûr au campement avant de les restituer à leur environnement naturel. Bien entendu, l’association vous forme à la compréhension de l’espèce et à son assistance.
Vous contribuez également aux tâches quotidiennes de la vie en société et aidez à développer le projet associatif. Vos vacances deviennent une contribution locale, vous voilà écotouriste !

Qu’offre-t-elle de plus ?

Afin de lutter contre le braconnage, l’association essaie de revaloriser la connaissance des braconniers en les formant à devenir des protecteurs de la nature, ou encore en devenant des guides touristiques. Pour cela, ils apprennent l’anglais, travaillent au sein de la structure et sont rémunérés pour une autre activité que celle de braconnier.
Et pour terminer, si vous vous voulez vous perfectionner en espagnol, l’association propose des cours d’espagnol aux volontaires pour 80$.

http://www.latortugafeliz.com/gallery/

 

(crédits photos : la tortuga feliz / DR)

*”Pura Vida” : expression populaire de Costa Rica qui définit le plaisir de vivre dans un pays d’Amérique latine, signifie littéralement de “vie pure” ou “bonne vie”.

Et vous, quelle expérience avez-vous de l’écotourisme ? 

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Danielle

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Globe-trotter, curieuse, gourmande et blogueuse auto-didacte, je partage avec vous mes découvertes, ces idées pour un monde meilleur. Pour en savoir plus, visitez la rubrique "Le Colibri".

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