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Rencontre avec Ugo Bellagamba, auteur SF et DA des Utopiales

Nantes, 31.10.2014

Né à Nice, professeur d’Histoire du Droit à l’Université de Nice et Délégué artistique du festival international de science-fiction Les Utopiales depuis 2012. Ugo Bellagamba est également écrivain de science-fiction, il reçut en 2010 le Prix Européen Utopiales et Prix Rosny Aîné pour son livre « Tancrède, une uchronie ». En Maître de conférence, voici les thèmes de ses recherches universitaire : Histoire des institutions depuis l’Antiquité, Histoire des Idées Politiques, Utopie – dystopie – uchronie.

 

Bonjour. Ugo Bellagamba, vous êtes Délégué artistique du festival… Et le seul ? 

Délégué artistique ou Directeur artistique, c’est une question de statut. Alors, oui il n’y a qu’un Délégué artistique mais il y a aussi beaucoup de conseillers ou d’axes thématiques aux Utopiales : Frédéric Temps pour le cinéma, Gilles Francescano pour les expositions, Adélaïde Legrand pour le pôle ludique, Georges Mérel pour la BD et la coordination générale est assurée par Marie Masson.

Et moi, en tant que Délégué Artistique, j’ai une partie centrale parce que je fais toute la programmation littéraire et scientifique aux côtés du Président Roland Lahoucq et que j’assure un petit peu aussi la communication du festival en tant que porte-parole, mais il faut surtout le voir comme un travail d’équipe.

Et en quoi consiste le rôle d’un Délégué Artistique au festival international de science-fiction ?

Etre Délégué artistique, c’est d’abord donner un ton intellectuel, artistique et d’une certaine manière scientifique à la programmation du festival.

Les Utopiales, ça a toujours été le festival de science-fiction internationale de Nantes avec une forte dimension entres les liens, comme son nom l’indique, entre l’utopie, la recherche des mondes et la science-fiction. Cà c’est, d’une manière générale, une traduction et particulièrement depuis que je m’en occupe, on donne toujours une coloration thématique au festival.

En 2012, c’était sur la notion d'”Origines“, que l’on décline toujours au pluriel : de l’humanité, de la vie, du genre, comment  est née la science-fiction, quels sont les premiers auteurs,etc…

L’année précédente en 2013, nous avons fait “Les autres mondes” dont nous sommes allés à l’exploration des exo-planètes, des mondes nouveaux, on s’est demandé de façon très large comment la science-fiction pouvait nous préparer aussi à l’exploration des autres mondes.

Et cette année, nous sommes sur “Intelligences“, ce n’est pas du tout l’idée de faire une échelle de l’intelligence au sommet duquel l’humanité se trouverait, c’est l’intelligence comme représentation du monde, comment nous concevons le monde, notre place dans le monde et comment la science-fiction nous aide par l’imaginaire à mieux comprendre le monde, à nous comprendre nous-même. Donc l’intelligence c’est avant tout l’acceptation du monde et la compréhension de celui-ci.

Donc à partir de cet axe thématique, qui est toujours définit en accord avec le Président, je développe une programmation en choisissant des invités (littéraire, de BD, …), le Président Roland Lehoucq choisit des invités scientifiques qu’il apporte dans mon panel d’invités. Ensuite, à partir du parcours, des profils des invités, de leurs actus et ce qui les intéresse, je décline en 3-4-5 sous-thèmes, et à partir de là je déroule les tables rondes et je les compose avec des intervenants en fonction de leurs profils, c’est la partie créativité que je préfère. Le plus compliqué est de trouver une disponibilité avec les invités. Parfois on se dit que l’on n’y arriverait pas… La partie calage chronologique dans la grille des tables rondes est toujours très délicate.

Donc, vous mettez en oeuvre votre compétence de Maître de conférences…

Oui, aussi, c’est vrai. C’est aussi lié à ma manière d’enseigner, de réfléchir sur les concepts, etc… et puis à mon parcours d’auteur aussi, à ma connaissance de la science-fiction, je décline les thèmes sous formes de tables rondes qu’il faut penser de manière interrogative, attractive... voilà avec parfois des tables rondes plus légères comme “pourquoi les méchants sont-ils toujours plus intelligents ? ” ou encore des tables rondes plus scientifiques, sur la notion même de l’intelligence artificielle.

Parlons du programme. Pour moi, c’est une première fois, et je remarque que vous avez un programme est assez dense, vous mettez en lumière la science-fiction sous ses différents supports (littérature, cinéma, manga, BD, illustration, …). Comment arrivez-vous à trouver une unicité à travers tous ces supports ?

Ca se construit. Le mot n’est pas “unicité” mais plutôt une “harmonie“. C’est-à-dire, c’est plutôt la conjugaison ou des déclinaisons, pour vous donner une réponse plus grammaticale, de talents et de compétences pour que cela soit plus harmonieux. J’évite par exemple, de faire des tables rondes avec que des scientifiques. J’évite aussi de faire une table ronde où il y a uniquement des littéraires, des écrivains, parce que le discours devient un peu élitiste, trop pointu, du coup le public s’ennuie. Donc il y a toujours différents talents et compétences. Alors, l’unité thématique elle existe mais ce n’est pas une unicité, j’évite l’uniformité.

Souvent, je laisse le choix, je me laisse la liberté de déraper. Parfois autour d’un auteur, par exemple, il y a un jeune auteur comme Julien Heylbroeck, qui est arrivé là, dans le profil il fait du roman autour de la musique et des road-movies à l’américaine. Ce n’est pas vraiment sur le thème de l’intelligence mais il m’a plu, il a une approche intéressante et donc hop, voilà. Donc, c’est plutôt une hétérogénéité mais harmonieuse. Tout le monde va dans la même direction et je dis à tous nos invités que l’idée est de remettre en question et d’aller à l’encontre de l’autre, etc…

Alors, les auteurs littéraire ou d’illustration sélectionnés ont déjà été édité, est-ce un critère de sélection ? 

J’invite toujours des jeunes auteurs, des auteurs qui débutent, qui commencent. Je ne crois pas avoir invité depuis que je suis là des auteurs qui n’ont L'un rêve l'autre pas - Nancy Kressjamais été publié, des auteurs qui vont peut-être l’être ou en tout cas avec certitude on peut faire un buzz, on peut faire quelque chose… mais des auteurs qui n’ont jamais été publié à priori, non. Mais par contre, on n’invite pas que les grands pontes, on n’invite pas que les Neil Gaiman, on invite des auteurs moins connus. Puis l’une des fonctions du festival à mes yeux, c’est aussi de faire connaître des auteurs, des talents étrangers qui ne sont pas assez traduits en France. L’année dernière on avait invité par exemple Nancy Kress, qui une auteure très brillante, qui travaille sur l’intelligence artificielle aussi et sur le futur, etc… Et c’est aussi l’idée que Les Utopiales permettent de déclencher des projets pour les auteurs étrangers de se développer en France. C’est une dimension professionnelle importante.

Il y a des auteurs plus connus qui ont leur place et il y a des auteurs moins connus qui méritent d’être connus. Pour les scientifiques aussi, comme Pascal Picq, qui ne sont pas toujours connus du public, de les mettre en visibilité, ça leur permet de sortir de leur cadre habituel uniquement scientifique et de les amener vers le grand public et de déclencher des passerelles de faire mieux connaître la science comment elle fonctionne. Cette partie scientifique est vraiment mise en avant depuis que Roland Lehoucq est Président du festival.

Je passe sur une autre question. Qui est votre réel public ? J’ai trouvé des enfants, des nourrissons, des personnes plus âgées…

C’est vraiment le grand public. Moi, je dirais qu’il y a à la fois de quoi nourrir les passionnés, qui parfois à force d’être passionné sont parfois élitistes et qui trouvent leur bonheur quand même. Il y a des tables rondes très pointues, très exigeantes, qui parfois demandent une culture de la science-fiction, que ne maîtrise pas tout le monde… Mais il y a aussi et surtout le grand public, des familles, comme dit Roland “de 7 à 107 ans”, bah il n’y a pas beaucoup de 107 ans qui sont là mais en tout cas bon ils peuvent venir !

Il y a des enfants, il y a une programmation pour les petits : cinéma, une partie ludique avec des jeux de rôles, etc… C’est vraiment pour tous, chaque année, il y a un tas de gens qui viennent sans connaître la science-fiction et qui viennent pour découvrir.

Ce que nous avons constaté dans la programmation et c’est intéressant aussi, c’est que la fréquentation augmente, l’année dernière nous avons fait environ 60 000 entrées. On espère que cette année nous allons battre ce record. Il y a aussi une importance de personnes qui viennent spontanément et qui viennent découvrir Les Utopiales. D’où l’importance de développer la communication, la presse, la radio, etc… Et je pense que c’est parce que nous sommes accessibles et c’est l’une de nos missions, de communiquer auprès de tous.

J’ai découvert la SF par le biais de films comme “Dune” mais aussi d’auteurs tel que Philip K. Dick avec son oeuvre “Ubik”. J’ai constaté que votre festival présentait pas mal d’auteurs, je me demandais si un atelier d’écriture pouvait être envisagé ?  

Très bonne question. Alors moi j’avais créé des cours du soir pour que les gens puissent se familiariser avec la science-fiction. L’année dernière, on était sur les scénarios de bande-dessinées, donc c’était sous forme d’ateliers “comment écrire un scénario de bande-dessinée”.

L’atelier d’écriture on y a pensé, on n’a pas encore concrétisé. Peut-être parce que nous sommes multimédia, nous ne voulons pas trop mettre l’accent sur le livre lui-même. Le livre, l’écriture est le cœur du festival, il n’y a pas de doute, c’est le cœur dur de la SF et on rayonne ensuite vers la vidéo, la BD, le cinéma, etc… donc un atelier d’écriture pourrait renfermer le support mais ça a sa place tout de même…

En fait, je vous demande cela car certains auteurs parlent de techniques d’écriture lorsqu’ils sont en conférence…

Oui, c’est vrai. Mais puisque vous m’en parler, j’y repense encore plus pour l’année prochaine, c’est quelque chose que l’on peut installer…. Par contre, il faut que cela soit accessible au grand public, on ne peut pas faire un atelier avec 300 personnes et il en faudrait plusieurs… A moins que l’on montre au public “comment”, sous forme de conférence-atelier par exemple… ça serait intéressant !

Et pourquoi pas en sortir ensuite un concours ouvert au public, avec un certain nombre de mots à respecter, etc… 

Oui… tout à fait…

EXPO Chris Foss copyright ScienceFictionArchivescom

EXPO Chris Foss copyright ScienceFictionArchivescom

Alors, je vais vous parler maintenant d’autres festivals. Quelle est votre différence avec les autres festivals (type Les Intergalactiques de Lyon par exemple) ?

Je dirais que Les Utopiales, c’est l’échelle : le nombre d’invités, le nombre de média présents. Fondamentalement, c’est lié à l’échelle, au nombre de moyens également car nous avons des moyens grâce à la Ville de Nantes, notamment pour faire des diffusions cinéma, des expositions qui coûtent très chères. L’exposition Chris Foss nécessite toute une logistique derrière. Il faut savoir que le budget du festival est très largement pris par les expositions, le cinéma etc…

Donc, c’est une question d’échelle. Après est-ce qu’il y a une spécificité propre aux Utopiales ? Ca serait un peu snob que de le dire. Moi, je ne suis pas pour dire ça. Les Utopiales, elles ont 15 ans d’existence donc elles ont eu le temps de faire des tests, un peu plus pointus, un peu plus grand public, de nous étalonner, de se trouver. Ce qui fait notre spécificité aujourd’hui c’est notre vécu. Donc ça serait un peu snob de dire que nous sommes spécifique car nous sommes les seuls à faire ça et ça ne me plaît pas.

Je pense que tous les autres festivals, comme les Imaginales d’Epinal au mois de mai qu’organise Stéphanie Nicot, que je connais aussi, ont leur place, nous aide aussi. Quelque part, ils maintiennent le feu de l’imaginaire tout au long de l’année, c’est comme une course de relais, on allume le flambeau et ensuite on passe aux “Imaginales” aux Futuriales à Paris, il y a même un festival qui s’appelle “Les Dyschroniques” (qui est aussi une maison d’édition)… Enfin bref, ce qui fait que si Les Utopiales étaient seules et isolées, ça resterait un rendez-vous mais il y a toute une communauté qui pourrait s’étioler.

Donc, vous n’êtes pas en confrontation ? 

Non, pas du tout. Moi, j’échange beaucoup avec les autres organisateurs des festivals et justement on se renseigne même sur qui on invite, qui on n’invite pas, etc…

Pourquoi avoir choisi Nantes après la ville de Poitiers ? 

Alors, là je ne sais pas. Il faudrait poser la question à Marie Masson. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que la ville de Nantes a un rôle fondamental, et le Centre des congrès nous aident beaucoup. Ils croient aux Utopiales et même si le festival est un projet qui est né à Poitiers, il est profondément nantais aujourd’hui.

D’accord. Alors, je vais vous poser des questions un peu plus personnelles maintenant. Vous êtes professeur et également auteur. Comment vous est-il venu le goût pour la SF ?

Alors, le goût pour la SF est là depuis tout petit. J’ai toujours été intéressé par l’espace … lointain. Les planètes lointaines, l’ailleurs, l’inaccessible … et la mythologie.

Je fais très vite mais la mythologie plus (+) l’espace, çà devient les constellations. Donc mon père m’emmenait voir les étoiles, du coup je me renseignais sur “pourquoi Pégase ? pourquoi Persée?”, voilà tout çà. Du coup, les mythologies m’ont toujours plu, j’allais lire tous les récits mythologiques et puis je suis allé vers la SF très tôt, par le cinéma. Je me rappelle avoir été voir “Rencontre du 3ème type”, puis mes premières lectures Ray BradburyRobert SilverbergIsaac Asimov, donc j’ai toujours été dedans.

Elle a toujours fait partie de ma culture et n’est pas incompatible avec l’histoire. Par exemple l’histoire, qu’est-ce que c’est ? C’est à partir de faits, finalement relativement peu nombreux surtout si on remonte loin dans le temps, on reconstruit une sociabilité du passé.

La science-fiction, à partir de faits rationnels, on imagine une sociabilité du futur. Finalement, c’est le même exercice. Du coup, je n’ai jamais fait le choix, et je ne le ferai pas, de la “toute science-fiction” ou “tout histoire”. C’est d’ailleurs, ce qui m’a permis d’avoir le profil d’être arrivé ici, parce que si j’avais été pur auteur, je ne suis pas sûr que j’aurai été un bon délégué artistique, il m’aurait peut-être manqué quelque chose. Voilà.

Ce qui m’amène à ma question suivante : Comment avez-vous atterri aux Utopiales ? 

C’est l’effet du temps long. J’étais à la première Utopiales de Poitiers, tout petit auteur, pas publié, j’assistais, je voyais Serge LehmanBruno Della Chiesa et puis j’ai très vite compris que la science-fiction était une communauté. Et que cette communauté devait à un moment donné s’agréger à un moment donné quelque part dans l’année. Les Utopiales, c’était le lieu où il fallait être.

Alors, au début, c’était un peu difficile, problème de moyens, problème de temps, on n’a pas beaucoup de liberté… Et puis petit à petit, j’ai commencé à être publié, je suis venu, etc.. Je m’étais spontanément proposé à faire des modérations car j’ai toujours aimé questionner et échanger avec les autres. Donc j’ai commencé par être modérateur aux Utopiales pendant plusieurs années et puis après avoir fait les modérations pendant plusieurs années, on m’a ensuite proposé de faire la délégation artistique.

Je suis arrivé aux Utopiales à force d’y venir, par une lente construction. Je suis très heureux de m’en occuper ceci dit.

Et vous avez aussi eu le Prix Utopiales Européen en 2010.

Oui, pour “Tancrède”. C’était un premier Prix ex-aequo avec Vincent Gessler, un auteur suisse qui était venu ici. J’étais très fier de ce prix, car déjà Tancrède, uchronie - U. Bellagambarecevoir un prix aux Utopiales, c’était génial et puis pour “Tancrède”, un roman important pour moi.

J’espère que de nouveau, je recevrai des Prix mais pour ça, il faudrait que j’écrive ! (rire) … Entre la fac, la délégation artistique … mais c’est un choix.

Lorsque vous venez ici, vous êtes en vacances par rapport à la fac ? 

Oui, oui, je profite de la semaine qui s’appelle à l’université “la pause pédagogique”. Mais par contre, pendant Les Utopiales, je travaille toujours en parallèle avec l’université car il y a toujours des trucs qui se passent…

Ce qui m’amène à vous poser la question suivante. L’Histoire inspire la SF, puisque l’on part de faits. Est-ce que la SF inspire vos cours d’histoire ?

Alors, c’est une très bonne question… Dans l’univers du Droit, il y a quand même un certain, je ne vais pas dire conservatisme, mais traditionalisme, ce qui fait que pendant longtemps j’ai évité de me servir d’œuvres de science-fiction dans mes cours. Mais de plus en plus, je le fais et effectivement, la science-fiction peut trouver sa place car je me rappelle avoir utilisé “Le Roi d’août” de Michel Pagel qui était une réinvention de la légende de Philippe Auguste. Je me rappelle aussi avoir utilisé “Le Maître du Haut Château” de Philip K. Dick pour montrer à mes étudiants, comment une idéologie pouvait être inversé, pouvait représenter un autre monde, etc… Donc ce n’est pas le corpus de science-fiction que j’utilise dans mes cours car je suis vraiment historien des Droits et des idées mais par contre, je me sers des outils didactique parfois et pédagogique de la science-fiction : l’inversion, le changement de référentiel, le changement de point de vue notamment quand je fais des cours d’histoire d’idées politiques.

La science-fiction telle que je la pratique, m’aide beaucoup car j’utilise cette idée de “il faut changer de point de vue” lorsqu’on étudie la pensée chrétienne, St Thomas d’Aquin par exemple, il ne faut pas utiliser St Thomas d’Aquin avec les représentations de la société qui sont les nôtres aujourd’hui. Il faut donc faire l’effort de se déplacer comme si on prenait une machine à remonter le temps et de devenir un homme du 13ème siècle afin de comprendre quel était l’impact de sa pensée.

Du coup, la science-fiction m’a considérablement formé à être un meilleur enseignant aussi parce que j’utilise des outils différents.

Et là, vos élèves…

…Bah ils sont contents en général. Après on ne fait pas unanimité mais en général ils sont contents.

Et puis moi, comme ça me passionne l’enseignement, je ne renoncerai ni à l’enseignement ni à l’écriture. Si je devais mettre l’enseignement entre parenthèses comme je mets l’écriture entre parenthèses, çà ne serait que momentané. Quand on fait quelque chose avec passion, en général, çà marche.

Alors, ma dernière question et je vous libère. Pouvez-vous me donner une définition de la science-fiction ? ou la vôtre surtout ?

(rires) Non. Absolument pas. Voir Norman Spinrad : “la science-fiction, c’est tout ce qui se publie sous le titre de science fiction”.

Non, allez, on va essayer, c’est le jeu. Pour moi la science-fiction, c’est une manière de comprendre le monde en affectant de l’oublier. C’est-à-dire que finalement on feint de s’enfuir, de partir très loin et en réalité, on se découvre au bout du voyage. C’est assez classique de dire çà mais la science-fiction est un merveilleux outil pour faire comprendre à chacun quelle est sa place dans l’univers.

Alexandre Astier disait “les gamins pour lire l’heure devaient utiliser un astrolabe et donc devait comprendre leur position dans l’univers et bien, la science-fiction, c’est l’astrolabe du 21ème siècle”, c’est la littérature qui oblige un peu à réfléchir, ce qui veut dire que tout n’est pas donné tout de suite et on donc on comprend mieux le monde. Voilà.

Hé bien, merci beaucoup pour le temps que vous m’avez consacré à cette interview.

Je remercie Xavier Fayet et Ugo Bellagamba de m’avoir permis de faire cet entretien et à toute l’équipe des Utopiales pour leur accueil.

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Danielle

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Globe-trotter, curieuse, gourmande et blogueuse auto-didacte, je partage avec vous mes découvertes, ces idées pour un monde meilleur. Pour en savoir plus, visitez la rubrique "Le Colibri".

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